L’électrification de Jeep : un (autre) pas en arrière, trois pas en avant

En 2019, le président mondial de Jeep à l’époque, Christian Meunier, avait annoncé son intention de faire de Jeep « la marque de VUS la plus verte au monde », rien de moins. Pour ce faire, tous les modèles étaient censés être électrifiés d’ici la fin de 2022. Puis, une option 100% électrique devait être offerte dans chacun des créneaux d’ici le milieu des années 2020.

Or, une pandémie et plusieurs autres rebondissements plus tard, ce n’est pas du tout ce qui est arrivé. Le marché nord-américain de l’électrique ne croît pas aussi vite que prévu initialement et Jeep ne propose à l’heure actuelle que deux modèles hybrides, soit les Wrangler 4xe et Grand Cherokee 4xe à motorisation hybride rechargeable, et un VUS entièrement électrique, le Wagoneer S.

Comme bien d’autres compagnies automobiles, Jeep a reculé sur certaines décisions en matière d’électrification. En septembre, notamment, elle a abandonné l’idée d’un Gladiator 4xe, initialement promis en mai 2024 pour un lancement quelque part en 2025. À l’instar de ses frères portant le même écusson, ce véhicule aurait combiné un moteur turbocompressé à quatre cylindres avec un moteur électrique et une batterie haute tension pour une puissance de 375 chevaux et un couple de 470 lb-pi, puis une trentaine de kilomètres d’autonomie électrique. L’objectif est maintenant de répondre plus directement à la demande des consommateurs, notamment avec « davantage d’équipements installés en usine et d’options de personnalisation ».

Trois pas en avant

D’un autre côté, trois nouveaux exemples nous prouvent que Jeep continue d’avancer sur la voie de l’électrification. Nous vous avons déjà parlé du Cherokee 2026, qui effectue très bientôt un retour après trois ans d’absence. Contrairement à l’ancien qui pouvait brûler 10 L/100 km ou plus en moyenne, celui-ci exploitera un système de propulsion hybride (210 ch, 230 lb-pi) avec moteur à quatre cylindres turbo de 1,6 litre pour une consommation estimée à seulement 6,4 L/100 km, de quoi parcourir jusqu’à 800 kilomètres avec un seul plein de carburant. Il s’agit du premier système hybride non rechargeable de la marque Jeep et d’une première pour Stellantis en Amérique du Nord.

Ensuite, du côté du luxueux Grand Wagoneer, le modèle 2026 actualisé remplacera la variante à haut rendement du moteur Hurricane biturbo à six cylindres par – tenez-vous bien – un Grand Wagoneer REEV (nom à confirmer) doté d’une motorisation électrique avec prolongateur d’autonomie! À l’instar du Ram 1500 REV (anciennement appelé Ramcharger) qui tarde à venir, son système emploie une batterie haute tension de 92 kWh qui alimente les moteurs électriques et qui peut se recharger via un V6 de 3,6 litres servant de génératrice. Immensément puissant (647 ch, 620 lb-pi), ce Grand Wagoneer pourra atteindre 100 km/h en un peu plus de cinq secondes et parcourir jusqu’à 800 kilomètres avec un plein d’essence et d’électrons, incluant environ 240 kilomètres avant l’intervention du moteur à combustion, d’après Jeep.

Finalement, il y a le tout nouveau Recon 2026 dévoilé à la mi-novembre. Construit sur l’architecture STLA Large de Stellantis (Wagoneer S, Dodge Charger Daytona), il ressemble au Wrangler par sa taille ainsi que ses portières et ses vitres arrière amovibles. Or, il offre un contact encore plus étroit avec la nature en raison de sa motorisation silencieuse – et drôlement plus explosive! Ses deux moteurs électriques (650 ch, 620 lb-pi au total) permettent de filer de 0 à 100 km/h en 3,7 secondes à peine. Bien protégée par un assortissement complet de plaques en acier, la batterie de 100 kWh sous le plancher procure quant à elle une autonomie allant jusqu’à 402 km. C’est bien sûr moins que les 473 km du Wagoneer S, mais compte tenu de sa polyvalence et de ses aptitudes supérieures, qui s’en plaindra?

Quelques-uns de ces nouveaux Jeep seront assurément présents au Salon de l’auto de Montréal du 16 au 25 janvier 2026. À ne pas manquer!